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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 01:23

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Oliver Kahn lors de la Coupe du Monde 2002
(souce : telegraph.co.uk)

Mercredi, c'est le grand retour des matchs internationaux et pour l'occasion, l'équipe de France se déplacera à Brême pour affronter l'Allemagne.
À adversaire exceptionnel, dispositif exceptionnel. La présentation du futur adversaire des Bleus se fera donc en deux parties, avec dans un premier temps l'histoire de la sélection allemande avant d'aborder dans le détail la liste des joueurs allemands sélectionnés pour cette rencontre amicale.



Les débuts

L'Allemagne est venue très tôt au football. La fédération allemande de football (DFB : Deutscher Fußball-Bund) est fondée en 1900 et si l'Allemagne ne fait pas partie des dix pays fondateurs de la FIFA en 1904, elle rejoint la fédération mondiale un an plus tard.
Elle participe à son premier tournoi international à l'occasion des Jeux Olympiques de 1912, à Stockholm, où elle est éliminée dès le premier tour après une cinglante défaite (1-5) face au voisin autrichien.
Après-guerre, la sélection allemande participe de nouveau aux Jeux Olympiques. En 1928, à Amsterdam, l'Allemagne sort dès le deuxième tour (équivalent des quarts de finale) après une défaite face à l'Uruguay, futur vainqueur (1-4).
La Nationalmannschaft (équipe nationale, en allemand) ne fait pas partie des équipes européennes qui embarquent en bateau pour l'Uruguay à l'occasion de la première Coupe du Monde, en 1930. Elle devra attendre 1934 pour fêter sa première participation au tournoi. En Italie, l'Allemagne démarre par une victoire lors du premier tour face à la Belgique (5-2) avant d'éliminer la Suède en quarts de finale (2-1). L'aventure s'arrêtera en demi-finale pour les Allemands, battus par la Tchécoslovaquie, futur finaliste (1-3). Mais la première participation allemande à un Mondial s'achèvera plutôt bien avec une victoire sur l'Autriche (3-2) synonyme de troisième place.
Deux ans plus tard, l'Allemagne se présente « à domicile » aux Jeux Olympiques de Berlin, événement que Adolf Hitler veut instrumentaliser afin de démontrer la supériorité de la race aryenne. Ce qui est loin d'être un succès puisqu'après avoir atomisé le Luxembourg lors du premier tour (9-0), l'Allemagne sort dès les quarts de finale après un défaite face à la Norvège (0-2).
En 1938, l'Allemagne se déplace en France à l'occasion de la troisième Coupe du Monde de l'histoire. Avec une équipe assez particulière, comprenant quatre joueurs autrichiens. En effet, quelques mois avant le début du tournoi avait été conclue l'Anschluss qui a entrainé le rattachement de l'Autriche à l'Allemagne. Mais en dépit de ces renforts, la sélection allemande sort dès le premier tour après une défaite « en deux temps » face à la Suisse (1-1 puis 2-4 lors du match d'appui).


L'affirmation (1954 – 1970)

La Seconde Guerre mondiale a eu des conséquences assez néfastes pour l'Allemagne, vaincue, ruinée et occupée par les quatre vainqueurs du conflit (États-Unis, France, Royaume-Uni et URSS). Conséquence des tensions entre ces quatre puissances avec l'avènement de la Guerre Froide, l'Allemagne sera divisée en deux à partir de 1949, avec à l'ouest la RFA (République Fédérale d'Allemagne) correspondant à la réunification des zones d'occupation américaine, britannique et française et d'obédience occidentale , et à l'est la RDA (République Démocratique d'Allemagne) correspondant à la zone d'occupation soviétique et d'obédience communiste. Dès lors, nous allons nous focaliser sur le parcours de l'équipe de RFA.
Si la RFA ne participe pas à la Coupe du Monde 1950 au Brésil, elle est en revanche présente en Suisse en 1954. Versée dans le groupe B avec la Corée du Sud, la Hongrie et la Turquie. Le format de cette phase de groupe est assez particulier puisque deux têtes de série sont désignées à partir des résultats des matchs des années précédentes. Ces deux têtes de série ne s'affrontent pas sauf en cas d'égalité et il n'y a donc que deux journées par groupe. Dans le groupe de la RFA, c'est la Hongrie et la Turquie qui sont têtes de série. La RFA débute plutôt bien son tournoi avec une large victoire face à la Turquie (4-1) mais elle subit ensuite une humiliation (3-8) face à une sélection hongroise au sommet de son art, emmenée par le duo Kocsis – Puskás. À la fin de cette phase de poules, l'Allemagne compte le même nombre de points que la Turquie mais une moins bonne différence de buts (-2 contre +4). Mais à l'époque, ce critère ne rentre pas en ligne de compte et un match d'appui est joué entre les deux équipes. La RFA remporte facilement cette rencontre (7-2) et elle se qualifie pour les quarts de finale. Quarts de finale à l'occasion duquel elle bat facilement la Yougoslavie (2-0). En demi-finales, la RFA est opposée à l'Autriche face à qui elle s'impose sans sourciller (6-1) et se qualifie pour la première finale de Coupe du Monde de son histoire. À Berne, elle est opposée à la Hongrie, une équipe qui l'a largement battue durant les phases de poules. Menée 2-0 après huit minutes de jeu, la Nationalmannschaft réagit rapidement en marquant à la 10ème minute grâce à Maximilan Morlock. Huit minutes plus tard, elle parvient à égaliser grâce à Helmut Rahn qui s'offrira un doublé à la 84ème minute, en inscrivant le but qui offre la victoire à la RFA. C'est le « Miracle de Berne », qui permet à la RFA de remporter sa première Coupe du Monde. Une victoire malheureusement entachée par des soupçons de dopage qui se sont semble t-il confirmés récemment.
Quatre ans plus tard, en Suède, la RFA remet son titre en jeu. Dans son groupe A sont présents l'Argentine, l'Irlande du Nord et la Tchécoslovaquie. Les Allemands remportent leur premier match face à l'Argentine (3-1) avant de se contenter de deux matchs nuls sur le même score (2-2) face à la Tchécoslovaquie et l'Irlande du Nord qui leurs suffisent pour s'assurer la qualification et la première place du groupe. En quarts de finale, ils s'imposent sur la plus petite des marges face à la Yougoslavie (1-0) avant de s'incliner en demi-finales face au pays organisateur (1-3) après avoir pourtant ouvert le score. La RFA ne terminera même pas sur le podium puisque battue lors du match pour la troisième place face à la France de Just Fontaine et Raymond Kopa (3-6).
La RFA est de nouveau présente en 1962, au Chili. Elle hérite du groupe A, dans lequel sont présents le Chili, l'Italie et la Suisse. La RFA démarre par un nul face aux Italiens (0-0) avant de battre successivement la Suisse (2-1) puis le pays organisateur (2-0) pour terminer en tête du groupe. En quarts de finale, les Allemands retrouvent la Yougoslavie qu'ils avaient battu à ce stade de la compétition en 1954 puis 1958. Mais cette fois, ce sont les Balkaniques qui s'imposent (1-0) et qui éliminent la RFA.
En 1966, la Coupe du Monde est organisée par le pays inventeur du football, l'Angleterre. La RFA est présente à ce rendez-vous et est versée dans le groupe B avec l'Argentine, l'Espagne et la Suisse. Elle démarre par une large victoire face à la Suisse (5-0) avant d'être tenue en échec par l'Argentine (0-0) puis de battre l'Espagne (2-1). À égalité de points avec l'Argentine, la RFA termine en tête de son groupe grâce à une meilleure différence de buts. En quarts de finale, la RFA continue sur sa lancée en dominant facilement l'Uruguay (4-0). En demi-finales, elle bat l'URSS (2-1) et se qualifie pour la deuxième finale de Coupe du Monde de son histoire. Face à elle, c'est l'Angleterre, pays organisateur, qui se présente. Les Allemands ouvrent le score à la 12ème minute grâce à Helmut Haller mais les Anglais égalisent six minutes plus tard par Geoffrey Hurst avant de prendre l'avantage à la 78ème minute par Martin Peters. Le sort du match semble scellé mais un but en toute fin de match de Wolfgang Weber permet à la RFA de décrocher la prolongation. Prolongation durant laquelle un but est marqué, provoquant une polémique légendaire. À la 100ème minute, un tir de l'Anglais Geoffrey Hurst est renvoyé par la barre transversale sur la ligne de but. L'arbitre suisse Gottfried Dienst hésite à accorder le but et consulte son assistant soviétique Tofik Bakhramov qui lui accorde le but. On ne sait toujours pas à l'heure actuelle si le ballon est rentré ou non, entre discours contradictoires et études menées. L'Angleterre de Hurst et des frères Charlton mène au score et inscrit un quatrième but en fin de match, toujours par Hurst, pour s'offrir sa première (et pour l'instant unique) Coupe du Monde. La RFA sort de cette compétition frustrante la tête haute et elle a vu se révéler dans ses rangs un jeune joueur de 20 ans, un certain Franz Beckenbauer.
Deux ans plus tard, la RFA participe à son premier Championnat d'Europe des Nations mais elle ne franchit même pas les éliminatoires, devancée par la Yougoslavie.
En 1970, la RFA est encore une fois présente au rendez-vous lors de la Coupe du Monde au Mexique. Son groupe D comporte une opposition variée avec la Bulgarie, le Maroc et le Pérou. Lors de son premier match qui s'annonçait facile face au Maroc, la RFA est bousculée par une équipe marocaine sans complexe, qui ouvre le score et qui mène à la pause. Des buts de Uwe Seeler puis de Gerd Müller permettront finalement à la RFA de remporter la rencontre (2-1). Lors de leur match suivant, les Allemands sont menés au score par la Bulgarie mais ils finissent par remporter une large victoire (5-2) avec notamment un triplé de Gerd Müller. Ce même Müller se distinguera également face au Pérou avec un nouveau triplé pour une nouvelle victoire (3-1). Grâce à un parcours quasiment parfait (3 matchs, 3 victoires, 10 buts marqués pour 4 encaissés), la RFA se qualifie pour les quarts de finale en terminant en tête de son groupe. En quarts de finale, les Allemands retrouvent l'Angleterre pour la revanche de la finale de 1966. Les Anglais ouvrent le score à la demi-heure de jeu puis doublent la mise à la 49ème minute. La partie semble mal embarquée pour les Allemands … qui se remettent dans la partie en huit minutes grâce à des buts de Franz Beckenbauer (68ème) puis de Uwe Seeler (76ème). La partie va jusqu'en prolongations où un but de Gerd Müller (98ème) permet à la RFA d'avancer jusqu'en demi-finales. La RFA n'a plus qu'un match à remporter pour jouer sa deuxième finale consécutive, la troisième sur les quatre dernières éditions. Mais sur sa route se dresse l'Italie, championne d'Europe en titre. Les Transalpins ouvrent le score par Roberto Boninsegna dès la huitième minute et l'on semble se diriger vers une victoire italienne lorsque la RFA égalise en toute fin de match par Karl-Heinz Schnellinger. Après quatre minutes de prolongations, Gerd Müller donne par la suite l'avantage à son équipe mais l'Italie égalise à la 98ème minute par Tarcisio Burgnich avant de prendre l'avantage par Luigi Riva à la 104ème minute. La RFA égalise grâce à un nouveau but de Gerd Müller à la 110ème minute mais une minute plus tard un but de Gianni Rivera scellera la victoire italienne (4-3) au cours d'un match mémorable disputé à Mexico, et qui restera comme l'un des plus beaux de l'histoire du football. On retiendra de ce match l'image de Franz Beckenbauer, resté sur le terrain malgré sa clavicule cassée avec un bras en écharpe. La RFA terminera finalement troisième de la compétition après une victoire lors du match de classement face à l'Uruguay (1-0). Gerd Müller terminera quand à lui meilleur buteur de la compétition avec dix buts. C'est durant cette Coupe du Monde que se forge l'image d'une équipe de RFA au mental solide, jamais battue d'avance. Et le meilleur reste à venir.


Le temps des triomphes (1972 – 1996)

En 1972, la RFA se qualifie enfin pour son premier Championnat d'Europe des Nations après avoir remporté son groupe éliminatoire devant la Pologne, la Turquie et l'Albanie puis après avoir éliminé l'Angleterre en quarts de finale (3-1 à Londres, 0-0 à Berlin). La phase finale se déroule en Belgique et la RFA bat le pays organisateur en demi-finales (2-1) grâce à un doublé de Gerd Müller. En finale, à Bruxelles, elle bat tranquillement l'URSS (3-0) avec encore deux buts de Müller et remporte son premier trophée continental. L'équipe de Helmut Schön est au sommet de son art et compte dans ses rangs des joueurs comme Beckenbauer, Breitner, Maier, Müller, Hoeneß ou Heynckes.
Elle part naturellement favorite pour la Coupe du Monde 1974, d'autant plus que celle-ci a lieu en RFA. Lors du premier tour, dans le groupe 1, elle hérite de l'Australie, du Chili... et de son voisin la RDA. Les Allemands démarrent par une courte victoire face au Chili (1-0) avant de facilement battre l'Australie (3-0). Le dernier match germano-allemand face à la RDA est sans enjeu et la RFA se fait surprendre par un but de Jürgen Sparwasser à la 77ème minute qui offre la victoire à la sélection de l'Est, qui termine en tête du groupe. Sans conséquence, toutefois, sur la qualification de la RFA pour le tour suivant. Le deuxième tour, qui se déroule sous la forme d'une phase de groupes, voit la RFA tomber dans la poule comprenant la Pologne, la Suède et la Yougoslavie. La RFA commence idéalement par une victoire sur la Yougoslavie (2-0) avant de battre la Suède (4-2) puis la Pologne (1-0). Avec trois victoires en trois matchs, la RFA est qualifiée pour la finale (la première place du groupe étant une condition obligatoire) où elle retrouvera les Pays-Bas. Dans le sillage de l'Ajax Amsterdam du début des années 1970 et emmenés par Johan Cruyff, les Néerlandais de Rinus Michels pratiquent un jeu chatoyant connu sous le nom de « Football Total ». Ils partent favoris dans cette finale et ce en dépit de quelques écarts de conduite. À Munich, les Pays-Bas obtiennent rapidement un penalty, transformé par Johan Neeskens après deux minutes de jeu. Mais la RFA égalise à la 25ème minute, toujours sur penalty, grâce à Paul Breitner. Puis à la 43ème minute, Gerd Müller marque pour son dernier match en sélection son quatrième but dans cette Coupe du Monde, son quatorzième en tout dans la compétition (si l'on ajoute ceux inscrits en 1970) et son 68ème en 62 sélections ! Le but le plus important de sa carrière sans doute puisqu'il offre à la RFA la deuxième Coupe du Monde de son histoire. La RFA du capitaine Franz Beckenbauer est au fait de sa gloire puisqu'elle vient de réaliser un doublé historique Euro – Coupe du Monde. Cette Coupe du Monde symbolise la période faste du football allemand, emmené en club par ses deux locomotives que sont le Borussia Mönchengladbach et surtout le Bayern Munich, champion d'Europe en 1974, 1975 et 1976.
En 1976 justement, la RFA défend son titre européen en Yougoslavie après avoir remporté son groupe éliminatoire devant la Grèce, la Bulgarie et Malte et après avoir éliminé l'Espagne en quarts de finale (1-1 à Madrid, 2-0 à Munich). Opposée à l'hôte en demi-finales à Belgrade, la RFA est menée 2-0 après une demi-heure de jeu mais elle parvient à revenir au score avant d'égaliser par Dieter Müller à huit minutes du terme. En prolongations, le même Müller ajoute deux autrs buts qui qualifient la RFA pour une finale durant laquelle elle retrouvera la Tchécoslovaquie, qui a éliminé les Pays-Bas (3-1 a.p.). Le scénario de la demi-finale se reproduit en finale puisque les Allemands se retrouvent menés 2-0 après 25 minutes de jeu. Mais Dieter Müller marque à la 28ème minute avant que Bernd Hölzenbein n'égalise à la 89ème minute. La prolongation ne donne rien et la finale doit se décider aux tirs au but. Les trois premiers tireurs réussissent leur tentative dans chaque camp. Jurkemik donne l'avantage à la Tchécoslovaquie qui mène 4-3 avant qu'Uli Hoeneß ne manque sa tentative. Le dernier tireur tchécoslovaque peut offrir à sa formation son premier trophée international. Il s'agit d'Antonín Panenka qui révèle ce jour-là à la face du monde une nouvelle manière de tirer un penalty qui portera son nom. La Tchécoslovaquie remporte l'Euro 1976 et empêche la RFA de conserver son titre.
C'est encore une fois dans la position du tenant du titre que la RFA se présente lors de la Coupe du Monde 1978, organisée en Argentine. Elle est versée dans le groupe 2, aux côtés du Mexique, de la Pologne et de la Tunisie. Elle commence par un nul face aux Polonais (0-0) avant d'écraser le Mexique (6-0) puis de faire à nouveau match nul face à la Tunisie (0-0) pour au final terminer deuxième de son groupe derrière la Pologne. Versée dans le groupe A lors du deuxième tour, la RFA est d'abord tenue en échec par l'Italie (0-0) puis par les Pays-Bas (2-2) avant de s'incliner face à l'Autriche (2-3). Troisième de son groupe, la RFA est éliminée sans gloire de la compétition et ne parvient pas à conserver son titre.
Les Allemands participent à l'Euro 1980, en Italie, où pour la première fois huit équipes sont qualifiées. Avec la ferme intention de reconquérir le trophée perdu en 1976. Dans son groupe, la RFA est opposée à la Grèce, aux Pays-Bas et à la Tchécoslovaquie, tenante du titre. Elle s'impose en ouverture face aux Tchécoslovaques grâce à Karl-Heinz Rummenigge (1-0) dans un remake de la finale de 1976 avant de battre des Pays-Bas sur le déclin (3-2) grâce à un triplé de Klaus Allofs. Le match nul (0-0) concédé face à la Grèce lors du dernier match est sans conséquence puisque les Allemands terminent en tête de leur groupe, seule condition pour accéder à la finale. Au Stadio Olimpico de Rome, les Allemands s'imposent (2-1) grâce à un doublé du colosse Horst Hrubesch, bizuth en équipe nationale et pourtant âgé de 29 ans. La RFA devient ainsi la première équipe à remporter deux championnats d'Europe.
Et elle a naturellement de grandes ambitions pour la Coupe du Monde 1982 qui se déroule en Espagne et où, pour la première fois dans l'histoire, 24 équipes participent. La RFA est versée dans le groupe 2, avec l'Algérie, l'Autriche et le Chili. Face à l'Algérie, la RFA, peut-être un peut trop sure d'elle avant le coup d'envoi, s'incline (1-2) à la surprise générale face à une équipe brillante et sans complexe. Vexée, elle s'impose ensuite largement face au Chili (4-1, avec un triplé de Rummenigge) avant de battre l'Autriche (1-0) dans un match controversé, les deux équipes étant suspectées de s'être arrangées pour éliminer l'Algérie. Lors du deuxième tour, la RFA hérite d'un groupe comprenant l'Angleterre et l'Espagne. Elle termine en tête de son groupe grâce à un nul face aux Anglais (0-0) et une victoire face aux Espagnols (2-1) ce qui lui permet de se qualifier pour les demi-finales. Pour accéder à la finale, la RFA doit affronter à Séville une équipe de France en plein renouveau. Privée au coup d'envoi de Rummenigge, blessé, la RFA ouvre le score à la 17ème minute grâce à Pierre Littbarski. Michel Platini égalise à la 26ème minute sur penalty pour les Français. En début de seconde période, le gardien allemand Harald Schumacher se rend coupable d'une agression violente sur Patrick Battiston, mais il n'écope même pas d'un carton jaune... et pour cause, la faute n'est même pas sifflée. La France monte en puissance dans cette rencontre et manque de peu de décrocher la victoire en fin de match avec une frappe de Manuel Amoros qui finit sa course sur la barre. En prolongations, les Bleus marquent par deux fois par Trésor (92ème) puis Giresse (98ème) et pensent tenir leur victoire mais les Allemands égalisent grâce à des buts de Rummenigge, finalement entré en jeu, (102ème) et Klaus Fischer (108ème). C'est la séance de tirs au but qui décide de l'issue du match. Pleine de suspense, elle se termine par une victoire allemande (5-4) qui laissera les Français à jamais amers. Qualifiée pour la finale, la RFA ne fera toutefois pas le poids face à l'Italie, s'inclinant 1-3 à Madrid.
En 1984, la RFA va défendre en France son trophée continental acquis en 1980. Mais l'aventure tourne court pour les vice-champions du monde, éliminés dès la phase de groupes après une défaite de dernière minute face à l'Espagne (0-1) alors qu'ils avaient auparavant fait match nul contre le Portugal (0-0) et battu la Roumanie (2-1).
Une réaction est attendue à l'occasion de la Coupe du Monde 1986, au Mexique. Dans le groupe E, en compagnie du Danemark, de l'Écosse et de l'Uruguay, la RFA commence difficilement avec un nul arraché de justesse face à l'Uruguay (1-1, avec un but en fin de match de Klaus Allofs) puis avec une courte victoire face à l'Écosse (2-1) après avoir concédé l'ouverture du score. La défaite face au Danemark (0-2) est sans conséquence sur la qualification de la RFA, qui termine deuxième de son groupe. En huitièmes de finale, elle élimine difficilement le Maroc (1-0) grâce à un but tardif de Lothar Matthäus. En quarts de finale, les Allemands éliminent le Mexique aux tirs au but après un match nul et vierge à l'issue des prolongations. Ils retrouvent la France en demi-finale mais ils se débarrassent cette fois des Français sans encombre (2-0) et se qualifient pour leur deuxième finale consécutive. Face à eux se dresse l'Argentine, emmenée par un Diego Maradona au sommet de son art. À Mexico, l'Albiceleste ouvre la marque par Brown à la 23ème minute avant que Valdano ne double la mise à la 56ème minute. Mais la RFA ne renonce pas et parvient à refaire son retard grâce à Rummenigge (74ème) et Völler (82ème). Mais un but en fin de match de Jorge Burruchaga donne la victoire à l'Argentine. C'est une deuxième finale consécutive perdue pour l'Allemagne.
La RFA a l'occasion de se racheter lors de l'Euro 1988, qui se déroule à domicile. Elle passe sans encombre la phase de groupes, en terminant en tête après un nul face à l'Italie (1-1) et deux victoires face au Danemark (2-0) et à l'Espagne (2-0). En demi-finales, elle pense tenir le bon bout en ouvrant le score face aux Pays-Bas grâce à Matthaüs (55ème) mais elle finira par s'incliner (1-2) face au futur vainqueur de l'épreuve après avoir encaissé des buts de Koeman (74ème) et van Basten (88ème).
En 1989, la Guerre Froide touche à sa fin. Les régimes communistes s'effondrent les uns après les autres et le symbole de la division du monde, le Mur de Berlin, tombe le 9 novembre 1989. Bientôt, il n'y aura plus ni de RDA ni de RFA et l'Allemagne sera enfin réunifiée.
Mais avant cette réunification, qui sera effective le 3 octobre 1990, la RFA dispute sa dernière phase finale à l'occasion de la Coupe du Monde 1990 qui se déroule en Italie. Versée dans le groupe D avec la Colombie, les Émirats Arabes Unis et la Yougoslavie, la RFA démarre par deux victoires face aux Yougoslaves (4-1, avec un doublé de Matthäus) puis aux Émiratis (5-1, avec un doublé de Völler) avant de concéder le nul en fin de rencontre face à la Colombie (1-1). Première de son groupe, la RFA se qualifie pour les huitièmes de finale durant lesquels elle élimine les Pays-Bas (2-1), prenant ainsi sa revanche sur l'équipe qui l'avait éliminé de l'Euro 1988. En quarts de finale, un penalty transformé par Lothar Matthäus permet aux Allemands d'éliminer la Tchécoslovaquie (1-0). En demi-finales, la RFA est opposée à l'Angleterre. Elle ouvre le score à l'heure de jeu grâce à Andreas Brehme mais elle concède l'égalisation à dix minutes de la fin sur un but signé Gary Lineker. Rien n'est marqué durant les prolongations et c'est aux tirs au but que se décide l'issue du match. Les Allemands s'imposent (4-3) et à l'issue de cette rencontre, effondré, le buteur anglais de la rencontre déclarera « Le football est un sport simple : 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». La RFA se qualifie pour sa troisième finale consécutive durant laquelle elle retrouve l'Argentine qui l'avait battue en 1986. Au terme d'un match ennuyeux et accroché, à l'image de ce qu'a été la compétition, la RFA s'impose 1-0 grâce à un penalty converti par Andreas Brehme à la 85ème minute. Franz Beckenbauer rejoint Mário Zagallo au palmarès de ceux qui ont remporté le Mondial à la fois en tant que joueur et sélectionneur. La RFA remporte sa troisième Coupe du Monde, rejoignant au palmarès l'Italie et le Brésil. L'Allemagne vit un doux été et Lothär Matthäus remporte le Ballon d'Or en fin d'année.
L'Allemagne unifiée dispute son premier tournoi en 1992, à l'occasion de l'Euro organisé par la Suède. Versée dans le groupe B en compagnie de l'inédite CEI (qui remplace l'URSS, qui a disparu entre temps), de l'Écosse et des Pays-Bas, l'Allemagne commence crescendo avec un nul face à la CEI, obtenu en fin de match (1-1) avant de battre l'Écosse (2-0) et de s'incliner face aux Pays-Bas (1-3), ce qui la condamne a terminer à la deuxième place du groupe. En demi-finales, l'Allemagne élimine la Suède, pays organisateur (3-2) mais elle ne peut résister en finale à la surprenante équipe danoise, qualifiée grâce à la disqualification de la Yougoslavie. À Göteborg, les Scandinaves s'imposent (2-0) et privent les Allemands d'un troisième titre européen.
L'Allemagne unifiée dispute sa première Coupe du Monde en 1994, aux États-Unis. Le tirage au sort lui offre un groupe C à sa portée, comprenant la Bolivie, la Corée du Sud et l'Espagne. En ouverture de la compétition, l'Allemagne s'impose difficilement face aux Boliviens (1-0) grâce à un but de Jürgen Klinsmann. Elle fait ensuite match nul face à l'Espagne (1-1) après avoir été menée au score avant de battre la Corée du Sud (3-2). À l'issue de ce match, Stefan Effenberg fait un doigt d'honneur au public et est sanctionné. En huitièmes de finale, l'Allemagne plie assez rapidement l'affaire face à la Belgique (3-2, en ayant inscrit tous ses buts en première période). En quarts de finale, elle est opposée à une équipe montante, la Bulgarie. L'Allemagne ouvre le score grâce à un penalty transformé par Matthäus à la 47ème minute mais des buts de Hristo Stoitchkov (75ème) et de Yordan Letchkov (78ème) offrent une victoire inattendue aux Bulgares. L'Allemagne sort sans gloire de la compétition dès les quarts de finale.
L'Euro 1996 en Angleterre, où pour la première fois seize équipes participent, est l'occasion pour l'Allemagne de renouer avec le succès. La Nationalmannschaft hérite d'un groupe C piégeux, comprenant l'Italie, la République Tchèque et la Russie. Les Allemands s'imposent face aux Tchèques (2-0) puis face aux Russes (3-0) avant de concéder le nul face à l'Italie (0-0). Qualifiés et leaders de leur groupe, ils éliminent la Croatie (2-1) en quarts de finale. En demi-finales, l'Allemagne est opposée au pays organisateur, l'Angleterre. Alan Shearer ouvre le score pour les Anglais après seulement trois minutes mais Stefan Kunz égalise au quart-d'heure de jeu. Aucun autre but n'est marqué et la décision se fait, comme souvent au cours de ce tournoi, aux tirs au but. À ce jeu, les Allemands sont les plus forts et ils s'imposent (6-5). En finale, à Wembley, ils retrouvent la République Tchèque, déjà battue (2-0) lors du premier tour. Mais cette fois-ci, les Tchèques sont plus coriaces et ils ouvrent le score à la 59ème minute sur un penalty de Patrick Berger. Rentré à la 68ème minute à la place de Mehmet Scholl côté allemand, Oliver Bierhoff change la face du match. Le géant allemand égalise à la 73ème minute avant d'inscrire le premier but en or de l'histoire à la 95ème minute. Un but qui permet à l'Allemagne de remporter son troisième Euro et de se constituer le plus beau palmarès du football européen. En fin d'année 1996, le libéro de la sélection allemande Matthias Sammer, ancien joueur de la RDA, remporte le Ballon d'Or.


Un lent déclin (1996 – 2004)

L'équipe d'Allemagne amenée à disputer la Coupe du Monde 1998 (la première à se disputer à 32) en France est une équipe compétitive, championne d'Europe en titre, mais vieillissante. Dans la liste des joueurs convoqués par le sélectionneur Berti Vogts figurent par exemple Andreas Köpke (36 ans), Jürgen Klinsmann (33 ans) ou encore Lothar Matthäus (37 ans). En revanche, Matthias Sammer ne figure pas dans cette liste. Le Ballon d'Or 1996 a en effet durement été touché par les blessures durant la saison précédente, si bien qu'il mit un terme à sa carrière. Le tirage au sort a offert à l'Allemagne un groupe F à sa portée, avec les États-Unis, l'Iran et la RF Yougoslavie. La Nationalmannschaft domine les Américains (2-0) avant de concéder le nul face aux Yougoslaves (2-2) puis de battre l'Iran. À égalité de points avec la RF Yougoslavie, l'Allemagne termine en tête du groupe grâce à une meilleure différence de buts. En huitièmes de finale, les Allemands sont opposés au Mexique. Menés au score après un but de Luis Hernández à la 47ème minute, ils s'en sortiront dans le dernier quart-d'heure avec un but égalisateur de Klinsmann (75ème) puis avec le but de la délivrance, signé Bierhoff (86ème). En quarts de finale, l'Allemagne retrouve la Croatie qu'elle avait éliminé au même stade de la compétition lors de l'Euro 1996. Le scénario est cette fois différent et l'expulsion à la 40ème minute du défenseur Christian Wörns change la face de la rencontre. Les Croates ouvrent le score dans les arrêts de jeu de la première période avant d'inscrire deux autres buts dans les dix dernières minutes. Le match se termine par un score sans appel en faveur de la Croatie (3-0) et l'Allemagne quitte la compétition la tête basse, éliminée dès les quarts de finale pour la deuxième fois consécutive.
L'Allemagne reste toutefois au rendez-vous puisqu'elle se qualifie sans trop de problèmes pour la phase finale de l'Euro 2000, qui a lieu en Belgique et aux Pays-Bas. Mais la tache s'annonce rude dans un groupe A où figurent l'Angleterre, le Portugal et la Roumanie. En ouverture, à Liège, face à la Roumanie, équipe a priori la plus faible du groupe, l'Allemagne concède l'ouverture du score après seulement cinq minutes mais elle parvient à égaliser à la 28ème minute grâce à Mehmet Scholl pour finalement concéder un nul (1-1) qui rend le match suivant face au grand rival anglais déjà décisif. À Charleroi, l'Angleterre ouvre le score par Alan Shearer à la 53ème minute et remporte le match. L'Allemagne est dos au mur avant le dernier match face au Portugal et n'a plus son destin en main. La victoire est donc obligatoire, mais face à une équipe portugaise très largement remaniée les Allemands subissent à Rotterdam une véritable humiliation (0-3) avec un triplé de Sérgio Conceição. La Nationalmannschaft rentre au pays humiliée, avec la dernière place du groupe. Les héros de la décennie 1990 sont voués aux gémonies, à l'image d'un Lothar Matthäus vieillissant et plus au niveau, qui sera le dernier ancien à prendre sa retraite internationale après cet Euro, avec 150 sélections au compteur, une carrière internationale longue de vingt ans, cinq Coupes du Monde et trois Championnats d'Europe des Nations disputés. Seule satisfaction de l'été 2000 pour l'Allemagne : l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde 2006 aux dépens de l'Afrique du Sud.
Une période de transition démarre alors mais l'Allemagne n'a pas vraiment le temps de gamberger puisque les éliminatoires de la Coupe du Monde 2002 arrivent. Réputée pour être quasiment intraitable en éliminatoires, l'Allemagne débute plutôt bien sa campagne avec cinq victoires (dont un succès 1-0 en Angleterre) et un nul lors des six premiers matchs. Elle est donc plutôt en confiance au moment de recevoir l'Angleterre le 1er septembre 2001 à Munich. Elle ouvre d'abord le score avant de subir une véritable furia anglaise, pour s'incliner au final 1-5. Au final, l'Allemagne ne termine qu'à la deuxième place du groupe à la différence de buts derrière les Anglais et devra se contenter des barrages, durant lesquels elle hérite de la redoutable équipe d'Ukraine. Menée au score à Kiev, l'Allemagne parvient à ramener un match nul (1-1) avant d'écraser l'Ukraine au match retour à Dortmund (4-1) et de se qualifier pour la Coupe du Monde qui a lieu en Corée du Sud et au Japon. Le tirage au sort lui offre le groupe E, aux côtés de l'Arabie Saoudite, du Cameroun et de l'Irlande. La sélection allemande pour cette Coupe du Monde n'est pas aussi talentueuse que ses prédécesseurs mais elle compte tout de même de nombreux joueurs de qualité, parmi lesquels le meneur de jeu Michael Ballack, auteur d'un invraisemblable « non-triplé » avec le Bayer Leverkusen qui aura perdu en l'espace de quelques semaines le Championnat, la Coupe d'Allemagne et la Ligue des Champions, ainsi que le gardien et capitaine Oliver Kahn, enfin reconnu à sa juste valeur à près de 33 ans après avoir longtemps été dans l'ombre d'Andreas Köpke. Mais c'est durant la compétition que la sélection allemande se découvre un buteur, en la personne de Miroslav Klose. L'attaquant de Kaiserslautern, 24 ans, s'offre un triplé lors de l'incroyable victoire face à l'Arabie Saoudite (8-0). C'est encore lui qui ouvre le score lors du match suivant face à l'Irlande, durant lequel les Allemands concèderont l'égalisation dans les arrêts de jeu de la deuxième période (1-1). Face au Cameroun, l'Allemagne, bien que réduite à dix, s'impose 2-0 avec encore un but de Klose et se qualifie pour les huitièmes de finale en terminant en tête de son groupe. Elle est la première à s'engager en huitièmes de finales, durant lesquels elle affronte à Seogwipo, en Corée du Sud, le Paraguay. Face à une équipe sud-américaine toujours difficile à manier (la France en sait quelque chose), l'Allemagne inscrit le but de la victoire à la 88ème minute grâce à son attaquant Oliver Neuville et se qualifie pour les quarts de finale durant lesquels elle doit affronter une équipe à sa portée, les États-Unis, à Ulsan en Corée du Sud. Mais face à des Américains décomplexés, les Allemands souffrent et peuvent remercier leur gardien Oliver Kahn, auteur de nombreuses parades salvatrices. Michael Ballack inscrit à la 39ème minute l'unique but d'une rencontre marquée par une erreur d'arbitrage sur une main allemande dans la surface non signalée. Qu'importe, l'Allemagne est toujours en vie et est qualifiée pour les demi-finales où elle doit affronter le surprenant pays coorganisateur, la Corée du Sud. À Séoul, qui plus est ! Le match est difficile pour l'Allemagne qui doit attendre l'entame du dernier quart-d'heure et un but de Michael Ballack pour inscrire le but libérateur. Grâce à une troisième victoire consécutive sur le score de 1-0, l'Allemagne se qualifie pour sa septième finale de Coupe du Monde. Mais ce sera sans Ballack, qui a écopé quatre minutes avant son but libérateur d'un carton jaune qui le suspend pour la finale qui se déroule à Yokohama. L'Allemagne est opposée au Brésil et aura l'occasion, en cas de victoire, de rejoindre son adversaire du jour au palmarès de la compétition. À la peine durant des années, les Brésiliens ont retrouvé une forme optimale durant cette compétition, à l'image de leur buteur Ronaldo, et partent favoris. La rencontre est plutôt équilibrée mais elle finit par basculer à la 67ème minute. Impérial tout au long de la compétition, au point d'avoir été élu meilleur joueur de la compétition, Oliver Kahn relache un ballon qui semblait anodin dans les pieds de Ronaldo qui ne se faisait pas prier pour ouvrir le score. Douze minutes plus tard, le buteur brésilien s'offre le doublé et enterre les espoirs allemands. Le Brésil remporte en Extrême-Orient le cinquième trophée de son histoire.
L'Allemagne doit maintenant digérer cette déception puisque l'Euro 2004 se profile. Elle espère profiter de l'élan crée par cette Coupe du Monde. Mais l'Allemagne semble retomber dans ses travers et réalise des premiers résultats assez piteux : deux victoires de justesse face aux Îles Féroé (2-1, 2-0), des nuls face à la Lituanie (1-1) et en Islande (0-0). Longtemps à la lutte avec l'Écosse et l'Islande pour la première place du groupe, elle remporte deux succès décisifs lors des deux derniers matchs qualificatifs, face aux Britanniques (2-1) puis aux insulaires (3-0). Elle se qualifie finalement pour l'Euro 2004 au Portugal en terminant invaincue (cinq victoires et trois nuls en huit matchs). Le tirage au sort n'est pas clément avec la Nationalmannschaft, qui hérite du groupe D qui comprend la Lettonie, les Pays-Bas et la République Tchèque. Le sélectionneur Rudi Völler s'appuie sur l'ossature déjà en place en 2002, agrémentée de quelques jeunes joueurs comme Philipp Lahm (20 ans), Lukas Podolski (19 ans) et Bastian Schweinsteiger (19 ans). En ouverture de la compétition, à Porto l'Allemagne affronte les Pays-Bas, l'un de ses rivaux traditionnels. Torsten Frings ouvre la marque pour les Allemands au bout de trente minutes mais Ruud van Nistelrooy, d'un invraisemblable coup du scorpion, égalisera pour les Pays-Bas. Score final : 1-1. L'Allemagne a ensuite l'occasion de se mettre en confiance face à la modeste Lettonie dans l'autre stade de Porto. Mais elle bute sur une équipe balte regroupée et concède un nouveau match nul (0-0). Mais compte tenu des autres résultats du groupe, l'Allemagne est toujours deuxième avant la dernière journée des phases de groupe. Elle doit affronter, à Lisbonne, une équipe tchèque déjà qualifiée et assurée de terminer en tête du groupe. La République Tchèque se présente comme attendu avec une équipe très remaniée et l'Allemagne ouvre le score grâce à Michael Ballack après 21 minutes de jeu. Mais les Tchèques égalisent grâce à un coup franc de Marek Heinz à la demi-heure de jeu avant de prendre l'avantage dans le dernier quart-d'heure grâce à un but de Milan Baroš, entré en jeu quelques minutes plus tôt. Les Allemands s'inclinent (2-1) et sont éliminés dès le premier tour. 2002 n'aura finalement été qu'un sursaut d'orgueil. L'Allemagne confirme son déclin depuis 1996 avec cette nouvelle déception. À l'issue de la compétition, Rudi Völler cède sa place à Jürgen Klinsmann, chargé de reconstruire l'équipe en vue du Mondial 2006, organisé par l'Allemagne.


Le renouveau (depuis 2004)

Jürgen Klinsmann est quelque peu contesté à ses débuts. On lui reproche notamment le fait de toujours habiter aux États-Unis. Mais il a toutefois carte blanche pour reconstruire l'équipe et il a pour cela la chance de ne pas avoir d'éliminatoires à disputer en vue de la Coupe du Monde 2006. Le nouveau sélectionneur prend quelques décisions radicales : il écarte certains anciens, donne plus de place aux jeunes et surtout il décide de priver Oliver Kahn de son brassard de capitaine et de le mettre en concurrence avec Jens Lehmann. C'est Michael Ballack qui sera désormais le capitaine de la sélection allemande.
Le sélectionneur continue son travail d'intégration et la Coupe des Confédérations 2005, organisée par l'Allemagne un an avant la Coupe du Monde, va servir de test. L'Allemagne remporte le groupe A après deux victoires face à l'Australie (4-3) et à la Tunisie (3-0) et un nul face à l'Argentine. Mais elle s'incline en demi-finales face au Brésil (2-3) avant de remporter le match pour la troisième place face au Mexique (4-3 a.p.). L'Allemagne est sur la bonne voie à un an de « sa » Coupe du Monde.
Durant cette période, Jens Lehmann et Oliver Kahn sont toujours en concurrence dans les buts allemands, un peu à l'image de ce qui se faisait en France entre Fabien Barthez et Grégory Coupet. Mais contrairement à Raymond Domenech qui a rendu public son verdict peu avant le début de la Coupe du Monde et qui a fait le choix de la continuité, Jürgen Klismann choisit dès le mois d'avril 2006 de confier les cages à Jens Lehmann. Le portier d'Arsenal a du attendre d'avoir 36 ans pour enfin être titulaire en sélection, lui qui avait du se contenter de places de deuxième voire de troisième gardien auparavant. Oliver Kahn figure toutefois en temps que remplaçant dans une liste sans surprise, si ce n'est les absences de Sebastian Deisler et de Kevin Kurányi. Si le premier cité a été victime d'une grave blessure (comme trop souvent), le second a été exclu par Klismann qui préfère accorder sa confiance, en attaque, au jeune Lukas Podolski. Le match d'ouverture de la Coupe du Monde 2006 a lieu dans la toute nouvelle Allianz-Arena de Munich et il oppose l'Allemagne au Costa Rica. Michael Ballack est absent pour l'occasion et il a du céder sa place à Tim Borowski. Philipp Lahm ouvre le score d'une superbe frappe après seulement six minutes de jeu mais Paulo Wanchope égalise six minutes plus tard. Miroslav Klose donne l'avantage aux Allemands à la 17ème minute puis s'offre un doublé à l'heure de jeu. Paulo Wanchope réduit le score à nouveau à la 73ème minute mais Torsten Frings, de trente mètres, conforte la victoire allemande dans ce match d'ouverture (4-2). L'Allemagne, qui a retrouvé Ballack, affronte ensuite son voisin polonais pour le compte de la deuxième journée des phases de poules. À Dortmund, elle se heurte à la résistance polonaise pendant une grande partie de la rencontre mais elle trouve finalement l'ouverture dans les arrêts de jeu de la première période grâce à ses remplaçants. Le remuant David Odonkor sert le vétéran Oliver Neuville qui ne se fait pas prier pour marquer. L'Allemagne est presque en huitièmes de finale et sa qualification sera entérinée le lendemain par la victoire de l'Équateur sur le Costa Rica. Le dernier match face à l'Équateur, à Berlin, a pour unique enjeu la première place du groupe. Face à une équipe équatorienne remaniée, l'Allemagne s'impose facilement grâce à son duo d'attaquants d'origine polonaise. Miroslav Klose s'offre un doublé et Lukas Podolski marque son premier but en Coupe du Monde, le tout en moins d'une heure. Grâce à cette victoire (3-0), l'Allemagne termine en tête de son groupe en ayant réalisé un carton plein avec trois victoires en trois matchs, huit buts marqués pour deux encaissés. En huitièmes de finale, l'Allemagne s'impose facilement face à la Suède à Munich (2-0) grâce à un doublé rapide de Podolski (4ème et 12ème minutes). Le quart de finale, qui se joue à Berlin, s'annonce plus compliqué puisque c'est l'Argentine qui se présente face à l'Allemagne. L'Argentine ouvre le score par Roberto Ayala à la 49ème minute et semble se diriger vers la victoire mais elle voit son gardien titulaire, Roberto Abbondanzieri, sortir sur blessure à la 71ème minute. Une minute plus tard, le sélectionneur argentin José Pekerman réalise un véritable coaching perdant en sortant son meneur de jeu Riquelme. Miroslav Klose égalise finalement pour l'Allemagne à la 80ème minute et pousse les deux équipes en prolongations. Aucun but n'est marqué et c'est la séance de tirs au but qui décidera du vainqueur. Deux images marquantes marquent cette séance : la poignée de main entre les deux ex-rivaux Kahn et Lehmann ainsi que l'image des bandelettes de papier que lisait Jens Lehmann avant la séance, où étaient sensées figurer la manière de tirer préférentielle des tireurs argentins. Tous les allemands réussissent leurs tentatives alors que du côté argentin Ayala et Cambiasso voient leurs tirs arrêtés par Lehmann. L'Allemagne se qualifie pour les demi-finales face à des Argentins qui auront des regrets éternels. À la fin de la rencontre, une bagarre éclate et aboutit à la suspension de l'Argentin Leandro Cufré... ainsi qu'à celle de Torsten Frings qui manquera la demi-finale face à l'Italie, qui a lieu à Dortmund. Quelques changements tactiques ont lieu en prévision de cette demi-finale. En l'absence de Frings, Sebastian Kehl est titularisé et Tim Borowski remplace Bastian Schweinsteiger sur la gauche du milieu de terrain. Le match est serré, intense et il ne se débloquera qu'à la 119ème minute lorsque les Italiens marquent coup sur coup par Grosso puis Del Piero, anéantissant le rêve de tout un peuple de remporter une Coupe du Monde à domicile. L'Allemagne se console toutefois en remportant le match pour la troisième place face au Portugal (3-1) grâce à un Schweinsteiger étincelant, auteur d'un doublé (56ème et 78ème minutes) et à l'origine du but contre son camp inscrit par le Portugais Petit (60ème). La réduction du score de Nuno Gomes à la 88ème minute ne changera pas grand chose. L'Allemagne termine sur une note positive avec une place sur le podium. Cette rencontre constituait aussi une sorte de jubilé international pour Oliver Kahn, aligné une dernière fois avec sa sélection avec le brassard de capitaine en prime. Autre joueurs allemands distingués : Miroslav Klose, meilleur buteur du tournoi (5 buts) et Lukas Podolski, meilleur jeune joueur. Outre par ses performances sportives, l'Allemagne s'est distinguée durant cette Coupe du Monde par ses stades modernes, remplis et où régnait une ambiance festive.
Après la Coupe du Monde, Jürgen Klinsmann démissionne et laisse sa place à son adjoint Joachim Löw afin d'aborder les éliminatoires de l'Euro 2008 qui aura lieu en Suisse et en Autriche. L'Allemagne démarre en trombe ces éliminatoires avec trois victoires consécutives face à l'Irlande (1-0), à Saint-Marin (13-0 !) et en Slovaquie (4-1). Elle subit son premier coup d'arrêt en concédant un nul surprenant à Chypre (1-1). Elle remporte ensuite un succès déterminant en République Tchèque (2-1) grâce au retour gagnant de Kevin Kurányi, auteur d'un doublé puis enchaine de nouveau avec trois victoires d'affilée face à Saint-Marin (6-0), à la Slovaquie (2-1) et aux Pays de Galles (2-0). Les Allemands assurent définitivement leur qualification avec un nul (0-0) en Irlande et ils concèdent par la suite une défaite sans importance face à la République Tchèque à domicile (0-3) avec une équipe très remaniée. Un résultat qui qualifie du reste les Tchèques. La sélection allemande achève sa campagne avec une large victoire face à Chypre (4-0) et un nul face au Pays de Galles (0-0). Elle termine deuxième de son groupe qualificatif derrière la République Tchèque avec un bilan de huit victoires, trois nuls et une défaite en douze matchs et 35 buts marqués pour 7 encaissés. Le tirage au sort de la phase finale lui réserve un groupe B équilibré aux allures de tournoi régional avec l'Autriche, la Croatie et la Pologne. Le groupe amené à disputer l'Euro est très proche de celui qui a disputé la Coupe du Monde deux ans auparavant. Kevin Kurányi fait son retour et la seule surprise réside dans la non-sélection du gardien habituellement remplaçant Timo Hildebrand, remplacé par le jeune René Adler. Parmi les nouveaux joueurs appelés, on retrouve les défenseurs Clemens Fritz (Werder Brême) et Heiko Westermann (Schalke 04), le milieu offensif Piotr Trochowski (Hambourg SV) ainsi que l'avant-centre Mario Gómez (VfB Stuttgart). L'Allemagne démarre son Euro à Klagenfurt, en Autriche, face à la Pologne. Face à son pays d'origine, Lukas Podolski, en difficulté en club avec le Bayern Munich, s'offre un doublé aux 20ème et 73ème minutes qui permet à l'Allemagne de s'imposer 2-0. Cette victoire peut sembler anodine mais il s'agit du premier succès allemand en phase finale d'un Euro depuis la finale victorieuse de l'Euro 1996, près de douze ans plus tôt ! L'Allemagne est donc en confiance au moment d'aborder son deuxième match, toujours à Klagenfurt, face à la Croatie mais elle subit la loi d'une équipe balkanique au sommet de son art et s'incline 2-1 malgré un nouveau but de Podolski. Une réaction est attendue lors du troisième match face à l'organisateur autrichien durant lesquels les Allemands font le travail et s'imposent à Vienne par la plus petite des marges (1-0) grâce à un coup de canon de Michael Ballack sur coup franc. Seulement deuxième de son groupe, l'Allemagne doit faire face au Portugal dès les quarts de finale, à Bâle. À cette occasion, Joachim Löw décide d'effectuer quelques changements dans son équipe, passant d'un 4-4-2 à un 4-2-3-1 avec Ballack en meneur. Remplaçant durant la phase de poules, Bastian Schweinsteiger est titularisé sur l'aile droite. Et ça marche. Le joueur du Bayern, qui sort lui aussi d'une saison difficile en club, ouvre le score à la 22ème minute. De la tête, Miroslav Klose double la mise quatre minutes plus tard. On croit la partie pliée mais à cinq minutes de la pause Nuno Gomes réduit le score. Peu après l'heure de jeu, et toujours de la tête, Ballack redonne deux buts d'avance aux siens. Helder Postiga marque en fin de match un but insuffisant. Réaliste à l'extrême, l'Allemagne s'impose (3-2) élimine l'une des équipes les plus séduisantes du premier tour. En demi-finales, la Nationalmannschaft est opposée, toujours à Bâle, à une équipe de Turquie vaillante mais décimée par les blessures et les suspensions. Uğur Boral ouvre le score pour les Turcs au bout de 22 minutes mais Schweinsteiger égalise quatre minutes plus tard. Le temps est à l'orage au dessus de Vienne, centre névralgique des retransmissions internationales, et la retransmission est coupée à deux reprises. Lorsque l'image revient, l'Allemagne a pris l'avantage grâce à un but de Klose à la 79ème minute. La Turquie égalise de nouveau à cinq minutes du terme et l'on croit se diriger vers les prolongations lorsque Philipp Lahm s'arrache pour inscrire en toute fin de match le but de la victoire pour l'Allemagne (3-2), qualifiée pour la finale où elle devra affronter l'Espagne. Même privés de leur buteur David Villa, les Espagnols partent favoris et ils dominent globalement. La décision se fera à la 33ème minute avec un but de Fernando Torres qui offre à la Roja son premier trophée international depuis 1964. À Vienne, l'Allemagne a échoué dans la quête d'une quatrième victoire lors d'un Euro.
Mais elle peut s'appuyer sur une dynamique positive en vue des éliminatoires de la Coupe du Monde 2010. Son groupe est à sa portée mais elle compte un adversaire de taille : la Russie, demi-finaliste de l'Euro 2008. L'Allemagne démarre en trombe avec une large victoire au Liechtenstein (6-0) avant de concéder un nul spectaculaire face à la Finlande (3-3) grâce à un triplé de Klose et après avoir été à chaque fois menée au score. Elle s'impose ensuite lors du choc face à la Russie (2-1) mais elle doit faire face à la défection de Kevin Kurányi, déçu d'avoir été relégué en tribunes pour ce match. Elle enchaine ensuite avec quatre victoires consécutives face au Pays de Galles (1-0), face au Liechtenstein (4-0), au Pays de Galles (2-0), en Azerbaïdjan (2-0) et contre l'Azerbaïdjan (4-0). Elle compte un point d'avance sur la Russie avant un déplacement décisif à Moscou. L'Allemagne, bien que réduite à dix en fin de match, contient plutôt bien les offensives russes et elle s'impose 1-0 chez son principal rival dans ce groupe grâce à une action d'école conclue par Miroslav Klose. Elle assure ainsi sa qualification pour la phase finale en Afrique du Sud et termine sa campagne éliminatoire par un nul arraché de justesse face à la Finlande (1-1). Le tirage au sort de la phase finale place l'Allemagne dans le groupe D, avec l'Australie, le Ghana et la Serbie. L'Allemagne est crainte comme à son habitude mais elle soulève au pays quelques interrogations, surtout à propos de ses attaquants Klose et Podolski, rayonnants quatre ans plus tôt mais respectivement remplaçant en club et inefficace. La sélection emmenée par Joachim Löw est victime d'une cascade de blessures avant le Mondial 2010. René Adler, Heiko Westermann, Simon Rolfes et Christian Träsch se blessent. Pire encore, le gardien remplaçant de la sélection Robert Enke s'est donné la mort en novembre 2009. Le coup de grâce intervient lors de la finale de la Coupe d'Angleterre 2010, entre Chelsea et Portsmouth. Michael Ballack est victime d'un tacle violent de Kevin-Prince Boateng et doit sortir. Le verdict tombe : le capitaine allemand devra renoncer à la Coupe du Monde. Ce tacle crée la polémique car Boateng, né en Allemagne (son demi-frère Jérôme évolue d'ailleurs avec la sélection allemande), a opté pour la nationalité ghanéenne afin de pouvoir jouer avec son pays d'origine lors de la Coupe du Monde. Le Ghana étant présent dans le groupe de l'Allemagne, le joueur est soupçonné d'avoir prémédité ce geste. Cette cascade de blessure contraint Joachim Löw a opter pour la jeunesse : Manuel Neuer (24 ans), Dennis Aogo (23 ans), Holger Badstuber (21 ans), Jérôme Boateng (21 ans), Serdar Taşçı (23 ans), Sami Khedira (23 ans), Toni Kroos (20 ans), Marko Marin (21 ans), Thomas Müller (20 ans) ou encore Mesut Özil (21 ans) font partie de la nouvelle génération allemande lancée dans le grand bain à l'occasion de cette Coupe du Monde. Beaucoup de ces joueurs ont remporté un an auparavant l'Euro espoirs. Opposée à l'Australie lors de son premier match, à Durban, l'Allemagne crève l'écran. Si discret en club durant la saison, le duo Klose-Podolski renait de ses cendres en sélection. Les deux joueurs inscrivent chacun un but avant d'être imités par le jeune Thomas Müller et par Cacau, un joueur brésilien récemment naturalisé. L'Allemagne s'impose facilement (4-0) et envoie un message fort à la face du monde. Le deuxième match face à la Serbie, à Port Elizabeth, est plus difficile pour les Allemands, menés au score et réduits à dix après l'expulsion de Klose à la 37ème minute. Lukas Podolski manque un penalty et la Serbie s'impose (1-0). Une réaction est attendue face au Ghana, avec une victoire obligatoire pour espérer accéder aux huitièmes de finale. À Johannesbourg, sans Klose mais avec Jérôme Boateng (qui affronte ce jour-là son demi-frère Kevin-Prince), l'Allemagne s'impose 1-0 grâce à une frappe lointaine de Mesut Özil. Elle se qualifie pour les huitièmes de finale où elle retrouve son rival anglais. À Bloemfontein, les Allemands prennent rapidement les choses en main. Klose (20ème) puis Podolski (32ème) permettent à l'Allemagne de mener 2-0. Mais cinq minutes plus tard, Matthew Upson profite d'une mauvaise sortie de Neuer pour marquer et permettre aux Anglais de revenir à la marque. Deux minutes plus tad, Frank Lampard prend sa chance de loin. Son tir touche la barre, franchit la ligne... mais il n'est pas accordé. Comme une sorte de remake de la finale de 1966, mais dans l'autre sens. En deuxième mi-temps, l'Angleterre pousse et s'expose à des contres allemands redoutables. C'est sur deux de ces contres que Thomas Müller s'offre un doublé (67ème et 70ème minutes) qui permet à l'Allemagne d'écraser l'Angleterre (4-1). On pourra toujours évoquer la polémique né du but refuser à Frank Lampard mais il n'empêche que l'Allemagne s'est distinguée ce jour-là par une supériorité sur tous les plans. En quarts de finale, au Cap, elle est opposée à l'Argentine. Elle ouvre le score au bout de cinq minutes grâce à Thomas Müller avant de bien gérer le reste de la partie pour finalement réaliser un festival offensif lors du dernier quart d'heure. Miroslav Klose s'offre un doublé (68ème et 89ème minutes) et même le défenseur central Arne Friedrich y va de son but (74ème). L'Allemagne s'impose 4-0 au terme d'un match tout simplement parfait. Elle se place comme la favorite de la compétition et est ambitieuse à l'image de son buteur Miroslav Klose, désireux de battre le record historique du nombre de buts marqués en Coupe du Monde. Le record est détenu par Ronaldo (15 buts) et le joueur allemand en est à 14. Il li faudra donc marquer encore deux fois dans la compétition. Seule fausse note : la suspension de Thomas Müller qui a écopé d'un carton jaune face à l'Argentine. La tache s'annonce difficile car c'est l'Espagne, champion d'Europe en titre et grand favori du tournoi, qui se présente face aux Allemands. À Durban, les Ibériques dominent la rencontre de la tête et des épaules et il est difficile pour les joueurs allemands de récupérer le ballon face à des joueurs disposant d'une telle qualité technique. Paradoxalement, c'est sur un coup de pied arrêté que l'Espagne trouvera la solution à un quart-d'heure de la fin, grâce à une tête de Puyol sur un corner de Xavi. Battue 1-0, l'Allemagne voit ses rêves de victoire s'arrêter aux portes de la finale. Mais comme en 2006, elle se consolera avec la troisième place, obtenue au terme d'un match spectaculaire face à l'Uruguay (3-2). L'Allemagne termine meilleure attaque avec seize buts marqués (deux fois plus que le champion du monde espagnol) et Thomas Müller termine à la fois meilleur buteur et meilleur jeune de la compétition. L'avenir semble promis à cette équipe jeune, où même les cadres (Lahm et Schweinsteiger en tête) ont à peine plus de 25 ans. Et pour la première fois, la Nationalmannschaft s'appuie en grande partie sur des joueurs issus de l'immigration. Près de la moitié des joueurs présents à la Coupe du Monde (11 sur 23) sont en effet d'origine étrangère.
L'Allemagne veut concrétiser les promesses entrevues lors de la Coupe du Monde 2010 et pou cela il faut se qualifier pour l'Euro 2012. Malgré la présence dans son groupe d'équipes du calibre de la Turquie ou de la Belgique, l'Allemagne réalise un parcours parfait avec dix victoires en autant de matchs, face à la Belgique (1-0, 3-1), à l'Azerbaïdjan (6-1, 3-1), à la Turquie (3-0, 3-1), au Kazakhstan (3-0, 4-0) et à l'Autriche (2-1, 6-2). L'ossature reste la même mais dans le même temps l'intégration de jeunes joueurs continue, avec le gardien Zieler, les défenseurs Höwedes, Hümmels et Schmelzer, ou encore les milieux Bender, Götze, Reus ou Schürrle. La sélection allemande, actuellement deuxième au classement FIFA, semble être dans une dynamique positive que même l'annonce de la retraite internationale de Michael Ballack, l'été dernier, n'a pas réussi à enrayer, comme le montrent les victoires récentes face au Brésil (3-2) ou contre les Pays-bas (3-0). L'Euro servira de test pour cette génération prometteuse. L'Allemagne aura en tout cas fort à faire dès le premier tour puisqu'elle sera opposée au Danemark, au Portugal et aux Pays-Bas.


Bilan face à la France (en fait, le bilan est celui de l'équipe de France face à ces adversaires)

Face à l'Allemagne (jusqu'en 1949 puis à partir de 1990) :
8 matchs, 4 victoires, 2 nuls, 2 défaites, 10 buts marqués pour 10 buts encaissés

Face à la RFA (1949 – 1990) :
15 matchs, 6 victoires, 4 nuls, 5 défaites, 28 buts marqués pour 29 encaissés

Face à la RDA (1949 – 1990) :
7 matchs, 2 victoires, 2 nuls, 3 défaites, 8 buts marqués pour 7 encaissés

La France n'a plus perdu contre l'Allemagne depuis 1987. Elle n'a plus affronté l'Allemagne en match officiel depuis la demi-finale de la Coupe du Monde 1986.

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